21-11-2008

Richard Brumm : "Les recettes de la Ville de Lyon sont en baisse"

Adjoint aux finances à la mairie de Lyon, Richard Brumm assure que la ville est bien gérée et explique pourquoi il doit augmenter les impôts.

Quelle sera la hausse des impôts locaux en 2009 ?
Richard Brumm : Vraisemblablement 6%, mais ce n’est pas définitif. Car le budget, qui sera voté en janvier 2009, ne sera bouclé que mi-novembre, une fois tous les arbitrages terminés. En revanche, sauf conjoncture catastrophique, il n’y aura pas d’autre hausse d’impôts au cours  de ce mandat. Et Lyon reste une des grandes villes françaises où la fiscalité locale est la moins élevée. La hausse de 2009 sera d’ailleurs plus modeste à Lyon que dans les autres grandes villes françaises.
Pourquoi cette hausse ?
Parce que les recettes de la Ville de Lyon sont en baisse. D’abord la dotation de l’Etat, qui pourrait être inférieure de 4 millions d’euros en 2009. Ce qui représente pratiquement deux points d’impôts ! De plus, la crise touche l’agglomération lyonnaise, ce qui entraîne une baisse des droits de mutation, qui passeraient de 24 à 22 millions d’euros. Alors que la taxe sur les jeux de casino devrait diminuer de 15 à 20%, soit un million d’euros. Enfin, les frais financiers ont augmenté en suivant la hausse des taux d’intérêts.
Face à cette baisse des recettes, vous allez dépenser moins ?
En fonctionnement oui, car aujourd’hui, toutes les villes, qu’elles soient de droite ou de gauche, sont prises dans un étau. Avec d’un côté les recettes qui diminuent, et de l'autre les charges qui augmentent, à cause notamment de la hausse du prix des matières premières. Du coup, on est bien obligé d’avoir une gestion plus rigoureuse pour maîtriser les dépenses de fonctionnement.
Comment vous allez économiser de l’argent ?
J’ai demandé à mes collègues adjoints, mais aussi aux maires d’arrondissements, de faire des efforts. Et je peux vous assurer qu’ils ont tous conscience qu’il faut élaborer un budget à l’économie. La mairie va être encore plus attentive à ses coûts de fonctionnement, mais nous serons aussi plus sélectifs pour les subventions.
Mais l’opposition vous accuse d’avoir laissé déraper les frais de personnel !
Si la masse salariale a augmenté, c’est parce que les investissements que nous avons réalisés ont créé de nouvelles charges de fonctionnement : crèches, écoles, bibliothèques... Mais les nouvelles embauches seront compensées par des redéploiements. Bref, il n’y aura pas de plan social, ni d’augmentation massive du personnel.
Et vous allez continuer à investir ?
Oui, au niveau de 100 millions par an jusqu’en 2012. Pour la Ville, c’est légèrement moins que sur le premier mandat, 115 millions par an, mais les plus gros efforts d’investissements ont déjà été réalisés. Le Grand Lyon investira de son côté 2 milliards d’euros, contre 1,65 milliard au dernier mandat. Car en période de crise, les collectivités doivent continuer d’investir afin de soutenir l’économie locale.
Certains projets vont passer à la trappe ?
Quelques petits projets pourraient être concernés, mais rien n’est définitif. Le Grand Lyon réalisera bien les aménagements des berges de la Saône, le tunnel de la Croix-Rousse, la rue Garibaldi, le pont Schuman, le parc Sergent Blandan... Et on poursuivra le plan de rénovation des écoles, des maisons de retraite... Sauf que ça risque de prendre un peu plus de temps que prévu, car il faudra étaler ces investissements.
Et vous allez emprunter pour financer ces investissements ?
Sous le précédent mandat, Gérard Collomb s’était fixé deux règles : une seule hausse d’impôts, de 5%. Contre 11% sous Michel Noir et 7,7% sous Raymond Barre. De plus, il avait promis de stabiliser la dette, qui avait doublé au cours du précédent mandat. Elle s’élevait à 430 millions d’euros en 2000 et elle est toujours à ce même niveau aujourd’hui. Du coup, Lyon a aujourd’hui une marge de manœuvre pour souscrire de nouveaux emprunts.

Extraits de l'interview publiée dans le Lyon Mag de novembre, avec un dossier consacré aux prêts toxiques dans l'agglomération lyonnaise.

 

Commentaire

kider

et apres on va foutre des milions d euros publics pour la construction d un grand stade !!!!! c'est une honte !!!!!!!!!

Syndicaliste

Le prétendu "fonctionnaire territorial" plus bas est bien mal informé. La ville côté social est moins bien doté que le Grand Lyon et la Région. Demandez à n'importe quel syndicaliste, sans l'ombre d'un doute. Est-ce que ce Mr Brum se fait passer pour un fonctionnaire en écrivant des posts sur Lyon mag ? Caustique.

Consternation sociale

Entre Fondeur et Brumm qui n'aiment pas les fonctionnaires, Collomb est bien mal barré. Déjà que la politique sociale du premier mandat était proche de la catastrophe ... on se demande comment ils vont faire pire.. même si cela semble déjà bien engagé.

Battling's Friend

Gestion cataclysmique peut être mais les rémunérations sont plus élevés à la Région Rhône Alpes et au Grand Lyon qu'à la ville de lyon. Le plus mauvais élève semble être le département. Après et concernant les promesses de campagnes on sait que celles ci n'engagent que ceux qui les écoutent. Mais tout de même, un poil de rigueur ne serait pas de trop. De plus, les collectivités n'ont pas tous le même personnels et ceux ayant été créer récemment (les Communautés urbaines et les régions) ont des régimes financiers plus favorables que les communes. En ce qui concerne Lyon la réalité est toute simple : grosse machine = lenteur à la réforme (d'où l'augmentation plus que de raison de l'impôt) parce que pour de bonnes ou de mauvaises raisons l'on arrive pas à dégager des gains de productivité, bref des économies. Mais je n'apprends rien à M Brumm.

et les fonctionnaires de la ville...?

L'augmentation de 6 % ayant été annoncée pendant la campagne, on ne peut pas dire que c'est un coup de poignard dans le dos des lyonnais... Pour autant, les vraies niches d'économie de fonctionnement ne sont pas celles indiquées par M Brumm. Je suis fonctionnaire territorial et j'ai des fréquents contacts avec ceux de la ville de Lyon et... honnètement, leurs conditions de travail (RTT, efficacité, réactivité, contraintes, propension aux arrêts maladie, absence de sanction en cas de mauvais travail ou comportement, avencement au minima indépendament de la manière de servir) sont hallucinantes. J'ai encore appris récemment que les femmes avaient droit à une journée de congé suplémentaire par enfant... Alors qu'on invoque les nouvelles créations de postes soit, mais qu'on ne se cache pas derrière ces petites augementations pour masquer une gestion cataclysmique du personnel...

Brennos

Il est amusant ce Brumm. On entendrait presque "c'est la faute à la crise : nos recettes baissent et il faut du personnel dans les équipements que nous avons créer". Et bien sur... on ne le savait pas avant ... on a découvert tout cela il y a peu.... Et puis augmenter de 4% à 6% les impôts ce n'est pas grave ... les gens ont de quoi payer, le pays est en grande croissance !! Merci la gauche ! Merci Monsieur Brum Sarkozyste à Paris, et proche des notables à Lyon. Pauvre France.
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